[EDIT] Merci à ceux - nombreux ! - d'entre vous qui ont retenu leur souffle à la lecture de ce récit mais hélas... tout était totalement faux !
C'est à la suite d'une riche idée de la part de Ben & Jerry France et, plus particulièrement, de Xuoan qui a monté cette opération de toute pièce que j'ai accepté d'ouvrir les lignes de mon blog. Tout ceci s'est fait sans aucune contrepartie pécuniaire (hormis les 365 pots qui m'ont été promis (w0of !)) et par pure sympathie.
Pardons à ceux et celles d'entre vous qui ont tellement cru à mes carabistouilles qu'ils se sont inquiétés de mon sort, on ne m'y reprendra plus... ;) [/EDIT]
Pour ceux qui n'ont pas suivi l'affaire, Ben & Jerry's a organisé un concours intitulé "Mettez-vous au parfum" pour élire le nouveau parfum de glace.
Les internautes devaient réaliser leur propre recette et illustrer leur pot de glace...
Pour en savoir plus sur le concours, vous pouvez vous rendre ici.
Vous savez que votre Musa n'est pas en reste quand il s'agit de dénicher les bonnes infos et, une fois de plus, mon flair ne m'a pas trahi !
Mon carnet d'adresses étant aussi épais que l'annuaire complet des Etats Unis, j'ai été invité tout à l'heure à un déjeuner avec des gens de la com.
L'univers des agences est un tout petit monde où les langues se délient parfois, laissant filtrer de précieuses informations. Pour tout vous avouer, ce sont des amis qui ont été en charge de monter et promouvoir l'opération pour Ben & Jerry's. L'un d'eux, appelons-le Fred, ironisait sur l'annonce pas plus tard que vendredi (oui, après-demain !) du gagnant et la réussite délirante du concours.
Généralement on ne partage pas ce genre d'infos ou alors on gonfle volontairement les chiffres des participants mais notre ami Fred avait tous les documents en main : trafic, taux de transformation, nombre de participants, liste des participants et... le lauréat !!!
Tous ces papiers étaient soigneusement rangés dans une pochette aux couleurs de la marque de glace mais je trouvais Fred un peu léger de se balader avec tout ça sachant qu'il y a à la clé un voyage en République Dominicaine et, surtout, la sortie dans la vraie vie de la recette imaginée par le gagnant !
J'ai fait remarquer à Fred que j'avais, moi aussi, participé au concours et lui ai demandé en souriant si j'étais l'heureux élu - sans trop y croire...
Il m'a répondu qu'il ne pouvait rien dire mais que, malheureusement, ce n'était pas moi.
J'ai bien essayé de le cuisiner pour qu'il me révèle le nom du gagnant mais il n'y a rien eu à faire...
- Je peux rien te dire, Musa... c'est confidentiel.
- Confidentiel de quoi ?
- Ben les résultats seront divulgués vendredi, c'est tout.
- Mais alors c'est pour qui ce document ?
- Ben pour mon client, tiens !
Comme j'aime pas qu'on me prenne pour une truffe, j'ai eu la soudaine envie de lui soustraire cette information "confidentielle". Pas pour en faire profiter la terre entière mais juste pour lui faire comprendre qu'on allèche pas un Musa comme ça sans se préparer à des représailles !
Ton client ? je t'en fiche, oui ! J'aurai le nom du gagnant.
En réalité je n'avais que faire de cette info mais rien que pour le plaisir de la lui avoir soutirée, j'en grognais d'avance.
J'ai ironisé : "Ah oui ? Et en fait Ben & Jerry's va vraiment créer la recette du gagnant et la commercialiser ?
- Tout juste !
- Même s'il a mis n'importe quoi dedans ?
- Pfff, y a vraiment que toi pour imaginer des trucs pareils ! Y a que des bons ingrédients et c'est un jury qui a déterminé la gagnante."
Quoi ? "LA" gagnante ??
Rhoooooo une fille et il pensait me cacher ça ?
Il n'a pas tardé à remarquer qu'il en avait trop dit.
"Bon, il faut que je te laisse, Musa".
Ma curiosité avait été piquée au vif tandis qu'il quittait le restaurant.
"On s'appelle" me lança-t-il.
A cet instant précis, je ne sais pas ce qu'il m'a pris, si ce sont les réminiscences d'une enfance passée à singer les agents secrets ou mes instincts de limier qui ont repris le dessus, toujours est-il qu'il me fallait échafauder un plan pour lui soutirer ce document.
Un plan ? Non mais n'importe quoi, Musa ! Quelle importance ? Trois lignes sur une vulgaire feuille imprimée ?
Pas seulement, peut-être l'appât du scoop qui sait ?
Je me suis machinalement mis à suivre Fred, de loin, dans la rue d'abord. Puis dans la bouche de métro dans laquelle il s'est engouffrée. J'avais le sentiment qu'il n'y avait que lui et moi sur toute la surface de la planète, les autres, l'environnement n'existaient plus. J'étais devenu un prédateur !
Il a pris la 14 à Madeleine. J'étais tapi, deux rames plus loin, sortant à peine la tête à chaque station pour guetter sa descente. Ce sera Gare de Lyon.
Passage de portique. Longs couloirs jusqu'aux quais SNCF lorsque j'ai croisé le regard d'un type qui a dû lire dans les miens mes intentions. Habituellement j'aurais évité de fixer ses yeux et encore plus de lui parler. Mais là...
"20 € si tu me files un coup de main.
- 50 et chuis ton homme.
- OK, 50. Le temps presse." Il m'emboite le pas, Fred est peut-être à 40 mètres de nous.
"Tu vois le type là-bas avec le sac à dos rouge ?
- La veste noire, là ?
- Oui c'est lui. Il a un porte-document sous le bras. Rapporte-le moi et t'auras tes 50 €. Retrouve-moi sous l'horloge."
Je n'avais pas eu le temps de terminer ma phrase que le type s'était lancé à la poursuite de Fred.
Non mais tu vas pas mieux, Musa ? A quoi tu joues ?
Avais-je eu l'air suffisamment déterminé pour que ce type ne doute pas un instant de moi ? Apparemment oui.
J'ai tourné les talons et rejoint l'horloge d'un pas rapide tout en manipulant mon portefeuille pour en sortir la prime de mon chasseur. Arrivé au point de rencontre, je n'ai pas eu à attendre plus de 30 secondes avant de voir le type détaler comme jamais je n'avais vu quelqu'un courir. Je crois avoir esquissé un sourire en découvrant ce qu'il avait entre les mains.
La seconde d'après, le masque : Fred était à ses trousses !
Mon sang n'a fait qu'un tour, je ne sais pas ce que j'ai pensé ni pourquoi j'y ai pensé mais je me suis mis à courir moi aussi. J'imaginais une espèce de course de relais avec passage de témoin.
Et c'est ce qu'il s'est passé : le type à tendu le porte-document avec le fameux logo dans mon dos et, pratiquement sans me retourner je m'en suis emparé de la main droite. Au même moment, j'ai senti le billet que je tenais fermement me glisser entre les doigts : l'échange avait eu lieu.
Un regard en arrière pour me rendre compte que le type avait soudainement disparu. Plus loin, derrière, la silhouette haletante de Fred qui se précipitait dans ma direction. De là où il était il ne pouvait pas me reconnaître. Enfin, je crois.
Cours, Musa, comme jamais t'as couru !
Et c'est exactement ce que j'ai fait. J'ai tracé pendant au moins 500 mètres avant de ralentir et m'assurer qu'il ne me suivait plus. Je l'avais semé !
Woohooo ! Trop fort le Musa !
M'extasiant de rire, je me suis assis à la terrasse d'un café en serrant le porte-document contre moi comme s'il s'était agi du Saint Graal !
J'avais bien mérité une petite mousse... Le garçon hésita avant de me servir en me voyant respirer comme une baleine après un marathon puis s'exécuta.
Le suspens avait assez duré. J'ouvris un des élastique le maintenant ouvert avant de m'apercevoir que le deuxième l'était déjà...
Grand moment de solitude : Musa, je crois pouvoir dire que tu viens de faire une grosse connerie...
La pochette livra son contenu la table encore collante du client précédent : listing des participants au concours "Mettez-vous au parfum", analyse du trafic avec taux de transfo selon les canaux et... c'était tout !
Quoi ? Mais ?
J'avais pourtant bien vu Fred ranger soigneusement tous ses papiers dans ce b... Il peut pas l'avoir mis ailleurs. Mais alors ?
Ben alors tu l'as paumé, tiens !
Mais non, c'est pas possible ?! Tu te rends compte de ce que tu as fait ? Certes c'est pas un secret d'Etat mais quand même. Ce p... de papelard se balade dans la nature et n'importe qui pourrait tomber dessus.
Mais je peux pas y retourner, hein ? Si je croisais Fred ? Il faudrait que je me lance dans des explications abracadabrantes et que je me débarrasse du porte-document.
Je devais y retourner. Tant pis. Mais, avouez que c'était comme chercher une aiguille dans une botte de... je ne sais même plus quoi d'ailleurs. Trop d'idées en tête, trop de contradictions.
Le temps de régler le garçon et me voilà reparti vers la gare. Cette fois je fixais tous les regards, absolument tous. Il ne fallait pas que je croise Fred.
En même temps je regardais au sol, et puis les mains des passants : s'ils avaient eu cette feuille à la main, hein ?
Rien dans la rue, rien dans les mains. Pas plus près de l'horloge. Pas de Fred non plus et tant mieux.
Alors je suis retourné sur les lieux du crime. J'ai emprunté les couloirs. J'en avais mal au crâne de devoir tout balayer des yeux. J'avais chaud. Je me sentais... c...
J'ai fait tous les quais, un par un. J'ai eu envie de demander mais demander quoi ? "Vous n'auriez pas vu un papier par hasard ? Vous savez, un papier que vous ne deviez pas lire ? Pas maintenant, vendredi".
Et puis j'ai vu cette femme qui me montrait du doigt. Elle parlait à un contrôleur. Une Japonaise. Signée. Un bob vissé sur la tête, de grosses lunettes de vue, à peine plus grande qu'une gamine avec une banane en bandoulière.
Le contrôleur me regardait lui aussi. Elle le tirait par le bras.
J'ai détourné les yeux quelques secondes mais, à présent, ils marchaient vers moi.
Et si elle m'avait vu courir ? Si elle m'avait pris pour le type ? J'ai préféré ne pas bouger, feignant de lire le panneau d'affichage.
Elle a fini par abandonner le contrôleur en chemin. Il a dû la prendre pour une folle !
Elle s'est approchée de moi. Elle n'était pas seule. Elle était accompagnée de son mari. Même modèle, même gabarit mais en homme.
Elle s'est adressée à moi. J'ai fait mine de ne pas comprendre. Elle baragouinait. Du japonais, sûrement.
"Pardon ? Je ne comprends pas ce que vous me dites !"
Elle s'énerva, attirant l'attention de badauds.
Elle me touchait la main, le bras. Elle ne cessait de me montrer du doigt.
Gênant tout ça.
Je m'apprêtais à faire demi-tour lorsqu'elle m'arracha le porte-document des mains : "Glace ! Glace !" criait-elle.
"Oui, c'est ça, très bien Madame, c'est des glaces ! Merci, merci !".
Son mari renchérit. Entre 25 mots en japonais je distinguais "glace". Puis elle lui fit un signe. Il ouvrit alors sa banane et en sortit un papier qu'il avait dû plier en douze pour le rendre aussi petit !
"Glace ! Vous glace !" me lança-t-il.
Il me tendit le papier en hochant de la tête. Je le dépliai et, croyez-moi ou non, c'était ce p... de papelard !
Au sourire niais que j'ai dû afficher ils m'ont tous les deux répondu par une inclinaison de la tête en dévoilant des dents jaunes qui se chevauchent.
J'aurais pu les embrasser tellement j'étais fou de joie.
"Yamakazi...sayonara..." enfin, je ne sais plus ce que je leur ai dit !
Maintenant, je l'avais entre les mains !
Je l'ai soigneusement déplié et lu. Une première fois, puis une autre. Pour être sûr.
J'ai pensé à Fred, à mon chasseur, à mon plan à la c.. et à ce papier ! Je me suis trouvé totalement imbécile d'avoir monté tout ça pour un papier, un nom.
Mais maintenant que vous êtes avec moi, je vais vous dire ce qu'il y avait dessus. Ca disait :
"La gagnante du concours Mettez-vous au parfum Ben & Jerry's est Nathalie Ch. qui habite Altkirch dans le 68 pour sa glace baptisée Peace and Love Nuts.
Nathalie partira donc en République Dominicaine en novembre pour faire goûter sa glace à Ben et à Jerry [...]. Si sa glace est élue [...] elle sortira dans le monde avec les têtes de Ben, Nathalie et Jerry sur le pot !"
Pour vous prouver que je ne vous mens pas, je vous ai même ajouté le visuel de la glace imaginée par Nathalie.
Sa recette : Crème glacée à la crème fouettée avec de gros morceaux de noix de pécan et de noisette, des amandes pralinées, des symboles Peace and Love en chocolat issu du commerce équitable et un coulis de caramel.
Voilà, les amis, vous savez tout, avant tout le monde. Car oui, le résultat ne sera bien donné que vendredi par Ben & Jerry's France.
Mais avouez que toutes ces aventures valaient bien un scoop, non ?



franchement si tu veux mon avis tu es grillé à sec (comme une cacahuète pralinée) de toutes les agences et tu risques même de te retrouver avec un procès sur le dos : pas cool...Tu as un peu réfléchi aux conséquences avant de faire ça ou tu t'en fous complet ?
Rédigé par : lovny | jeudi 16 juil 2009 à 02:07
héhé, tu es mignonne de te soucier de mon sort, mais ne t'inquiète pas, je sais ce que je fais.
Merci de m'avoir lu en tous cas !
#w0of !
Rédigé par : musaraign | jeudi 16 juil 2009 à 02:19
lol c'est Ben et Jerry's eux mm qui conseille au plus curieux de chercher la réponse de la ou du gagnant sur le net alors le risque est de zéro à mon avis de plus ce n'est pas le seul blog qui fait cette révélation.
Rédigé par : fresina | jeudi 16 juil 2009 à 17:37
Damned, je suis démasqué !
Bravo Fresina pour ta perspicacité et je suis heureux si c'est le concours qui t'a amenée jusqu'ici.
J'espère pouvoir te compter parmi mes fidèles lecteurs/trices.
#w0of !
Rédigé par : musaraign | jeudi 16 juil 2009 à 17:46
Hahahahahaha ;)
Je t'imagine bien cavaler avec ta pochette ^^ Bien fun ta petite histoire en tout cas, même si ça me paraissait bien gros !
Rédigé par : ufunk | mercredi 22 juil 2009 à 23:47
héhé, c'est ça qui est bon ! ;)
#w0of
Rédigé par : musaraign | jeudi 23 juil 2009 à 00:09